Visite le 17 octobre 2017 à l'expo "Les génies du cinéma" au Musée des Confluences à Lyon

Posté par: Magaly LACASCADE Il y a 5 mois, 4 semaines dans Commission groupe professionnel - SAEM

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Les parents de la modeste famille sont Antoine, fils d'un vigneron et Jeanne, fille d'une blanchisseuse. Les aînés, Auguste et Louis, naissent à Besançon. Tous ensemble, fuyant l'invasion prussienne, ils arrivent à Lyon en 1870 pour ouvrir un studio, rue de la Barre. En 1877, Auguste réussit son concours d'entrée à La Martin. L'an suivant, son frère aussi. Leur père a sélectionné cette école privée, indépendante, à la solide formation connue, par "les bouches à oreilles". Tous deux loueront les méthodes pédagogiques inédites, sans "bourrage de crâne". Formation à la créativité et l'innovation. Sortis promos 1878 et 1880. Durant les deux années de service militaire de l'aîné, dans le labo-photo du père, le cadet réussit à fabriquer des plaques à base de gélatino-bromure d'argent, sans nécessité de lavage du verre : "l'émulsion instantanée". La nécessaire production de masse, les émanations de produits, obligent au transfert à Monplaisir, situation industrielle idéale à bas prix, embranchements routiers, ferroviaires, espace... Les 2 frères prennent les "choses en mains". Les profits réinvestis dans la recherche et l'innovation, l'amélioration des processus, l'ouverture de nouveaux marchés, leur font miroiter la fortune. Par ex. 60 ans de production de "boîtes à étiquette bleue". Parmi les 240 brevets dans des domaines très divers, systématiquement co-détenus par les 2 frères, le 1er est le conditionnement en "fer blanc" des plaques photo. L'usine intègre la production de la photogravure jusqu'à l'impression d'illustrations de livres, revues, journaux. La méthode interférentielle permet, en 1 seul cliché, d'obtenir des photos en couleurs. Auguste évolue vers la bio, l'optique, la physiologie expérimentale, la 1ère radioscopie. Pendant la grande guerre mondiale, il créé un hôpital de 100 lits, invente une prothèse de main articulée, le tulle gras qui a sauvé des milliers de brûlés, le réchauffeur catalytique des nacelles d'avions. Dans le calme d'une nuit de 1894, Louis imagine l'application du "pied de biche" de la machine à coudre, à l'entraînement du film "plastique" de 35 mm de largeur, perforé latéralement de trous ronds de chaque côté. Il vient d'inventer le cinématographe : dans une petite boîte portable, la prise de vues, le tirage, la projection 16 images/seconde, sans moteur. En moins d'un an, le brevet est acquis, 25 protos réalisés.

La 1ère présentation au grand public à Paris devant 33 personnes. Puis 2 500 par jour au "salon indien" du Grand Café. Puis 1ère salle d'exploitation, 1 rue de la République, Lyon 1er.

De la production de films à la formation d'opérateurs explorant les 4 coins du monde, jusqu'à la diffusion dans les salles de projection dès le mois suivant, 1 400 films réalisés, tel est le démarrage de la saga des génies du 7ème art.

Suivent le photorama, la photo en relief. Grâce au succès, les villas construites à La Ciotat, Evian, Cap d'Ail (près de Monaco).

La gestion humaniste de l'entreprise s'affirme par l'installation de services médicaux d'urgence, assistance aux femmes enceintes, aux mères nourricières. Création d'un livret d'épargne pour chaque employé, alimenté par l'entreprise. Seulement disponible en cas de départ du salarié. Les cadres peuvent publier les résultats de leurs travaux dans des revues spécialisées. Ils acquièrent ainsi reconnaissance et notoriété scientifique.

Les deux frères délèguent la direction de leur société en 1924. Elle emploiera jusqu'à 850 salariés. Trois ans après, Louis est nommé à l'Académie des sciences. Auguste correspondant national de l'Académie de médecine de Paris. En 1935, tous deux élevés à la dignité de Grand officier de la Légion d'Honneur. Quatre ans après, Louis à celle de Grand Croix. La passion inventive allant jusqu'à bricoles, comme un potache de La Martin, une toupie métallique de jeu d'enfant, en essoreuse à salade.

Ils ont soutenu la parution mensuelle de l'édition du livret de notre association, grâce à leur publicité de leurs produits, durant plusieurs décennies. Ils en étaient Président d'honneur.

Louis décède en 1948 dans sa villa de Bandol. Auguste meurt à Lyon six ans après. Ils sont enterrés dans le caveau familial du cimetière de La Guillotière, Lyon 7ème.

  

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