Mme Farida Abraham

Posted by: Magaly LACASCADE 3 years, 2 months ago

(0 commentaires)

MESSAGE de condoléance

Maxime Bosse-Platière

Président de l’Association des anciens élèves de La Martinière de Lyon

adressé à la famille de

Mme Farida Abraham,

Principale de « La Martinière College for Girls », à Lucknow en Inde

C’est avec stupeur et tristesse que nous apprenons le décès soudain de Mme Abraham, ce vendredi 12 février 2016.

Notre première pensée va à ses proches, famille et amis, que leur courage surmonte la douleur d’avoir perdu un être cher.

Nous pensons ensuite à ses élèves, le corps enseignant qu’elle manageait, qu’elles gardent leur proviseure comme un exemple de vie.

Enfin, nous retiendrons les liens tissés avec les Martinières de Lyon, pays natal de notre Fondateur, que cet état d’esprit vive dans nos cœurs et guident nos actes.

Maxime Bosse-Platière

Président Anciens Martins

Souvenir d’une infatigable militante de l’Education…..

Nous perdons aujourd’hui, une personne au grand cœur,

une alliée de confiance, qui nous quitte beaucoup trop tôt,

Endeuillées, « Les Martinières » sont tristes,

et vous regretteront beaucoup, chère Farida …….

Danielle Martinod

++++++

Messages

de Claude Chabrolin, proviseure de La Martinière Terreaux de 1979 à 1990,

et de Colette Odinet, proviseure de La Martinière Duchère de 1990 à 1998

Nous avons reçu Madame Abraham à Lyon, lorsqu’elle est venue en 2000 célébrer le 200ème anniversaire de la mort de Claude Martin.

Elle était accompagnée du principal du lycée de La Martinière-garçons de Lucknow, Monsieur Elton de Souza ; ils avaient amené avec eux dix de leurs élèves, cinq jeunes filles et cinq garçons, invités dans des familles d’élèves des trois lycées La Martinière de Lyon. Madame Abraham était reçue chez Claude Chabrolin, et Monsieur de Souza résidait dans un hôtel voisin.

Bien entendu, Madame Abraham était présente à toutes les cérémonies, conférences et banquets officiels, et a participé aux sorties organisées pour ses élèves, en particulier l’exposition patrimoniale « Claude Martin » à la bibliothèque municipale de la Part-Dieu, ou la visite de l’Ecole des Arts et Métiers de Cluny.

Madame Abraham suivait très attentivement les activités de ses élèves, et les assistait particulièrement lors des séances de danse et de chants qu’elles avaient préparées pour leurs hôtes français, afin de leur faire connaître leur culture indienne.

Nous nous retrouvions tous les jours après ces activités officielles, pour partager nos repas et bavarder longuement. Elle nous a fait admirer chacune des nombreuses tenues, habillées ou décontractées, qu’elle avait apportées, et se montrait simple, spontanée et chaleureuse. Elle s’intéressait à tout ce que nous lui proposions, goûtait à toutes les spécialités culinaires lyonnaises ou françaises, et faisait du shopping avec enthousiasme : il lui fallait en effet trouver les nombreux cadeaux qu’elle devait rapporter de son voyage au pays de Claude Martin ! Depuis, nous sommes toujours restées en relation avec elle. Au moment des fêtes de fin d’année elle prenait toujours la peine d’ajouter un mot gentil et personnel à ses cartes de vœux, qu’elle faisait élaborer par les élèves de son établissement.

Claude Chabrolin et Colette Odinet (mars 2016)

+++++++

Message de Martine Chevallier Queyron,

proviseure adjoint à La Martinière Duchère de 1983 à 2005.

Farida Abraham nous a quittés et nous sommes tristes….

Je ne savais pas en recevant sa carte de vœux, fidèle et attentive, en janvier, que je la lisais pour la dernière fois. Aussi éloignée était-elle en kilomètres, elle va me manquer. J’aimais bien cette connivence à distance autour d’un intérêt que nous partagions pour l’histoire de Claude Martin, et le souci des élèves qui nous sont confiés.

Je connaissais Farida de nom et de réputation, jusqu’à ce que j’ai le plaisir de la rencontrer en

octobre 2000 lorsqu’elle est venue à Lyon…

Il y a eu les réceptions, célébrations et sorties officielles : accueil dans les trois lycées, accueil à l’Hôtel de Ville, visite de l’ENSAM à Cluny, réception à la Fondation Martin, repas dans un « bouchon » lyonnais, visite de diverses entreprises et sites culturels, apéritif chez l’un ou l’autre des anciens Martins ou proviseurs...

Il y a surtout eu les longues conversations, les repas chez moi en famille ou avec amis des Martiniere réunis pour l’occasion, les soirées à papoter...en anglais ! Que de souvenirs ! Le lien créé ne s’est ensuite jamais rompu.

Nous avons partagé nos principes sur l’éducation de nos jeunes qui, on pourrait en être surpris, concordaient en de très nombreux points : le souci de leur bien être quotidien (surtout avec les très jeunes internes qu’elle accueillait à Lucknow, dès 4 ans...), la rigueur indispensable associée à la bienveillance, le respect, l’autorité pour mieux soutenir et conduire ces jeunes vers une formation tant personnelle que professionnelle, et le souvenir toujours vivace et entretenu de Claude Martin. Farida parlait de tout cela qu’elle mettait en œuvre à La Martinière des filles, elle était fière de leur réussite, fière de l’image que les jeunes filles qui l’accompagnaient pour ce séjour, véhiculaient. Elle leur en attribuait toute les qualités négligeant de s’en attribuer le mérite.

Nous avons beaucoup parlé, beaucoup partagé, beaucoup ri aussi : la haute stature de Farida dans ses saris toujours plus fastueux dans les cours quelque peu aseptisées de nos lycées, Farida s’émerveillant avec Elton des peluches envahissantes de mes enfants, Farida goûtant à tout, y compris les escargots, Farida heureuse de fêter en famille l’anniversaire de mon fils et curieuse de nos coutumes, Farida et le groupe qu’il a fallu emmener au milieu de la nuit à Chambéry prendre un train pour Rome, Farida chargée de cadeaux nous laissant imaginer la cour des Moghols de Lucknow... ses jeunes élèves nous présentant un magnifique spectacle de danse indienne, et beaucoup d’autres... Que d’émotions, de souvenirs et, maintenant, de nostalgie.

Son départ si brutal alors que l’approche de la retraite pour l’une et l’autre nous laissait espérer d’autres rencontres, me laisse démunie.

Farida était une grande Proviseure, dirigeant avec brio une Martinière dont l’excellence fait des envieux. « Maman » pour les plus jeunes, « modèle » pour les plus grands, respectée, admirée, enviée aussi, elle étonnait plus d’un.

L’avoir connue est un plaisir et un honneur. La perdre est une grande tristesse qui fait revivre des souvenirs précieux. Il va falloir imaginer Lucknow sans elle... Difficile ! Elle était l’Inde et l’ouverture sur le monde mêlées, le modernisme et la tradition savamment imbriqués. Comment accepter son départ ?

Martine Chevallier Queyron – (mars 2016)

De g.à dr. Elton De Souza/Martine Chevallier/Farida Abraham/en famille à Lyon en septembre 2000

                                                                                            ++++++++

Message de Jean-Louis Coppéré

proviseur à La Martinière Monplaisir de 1996 à 2006.

Je suis touché par cette triste nouvelle….

Ayant conduit en février 2000 une visite aux Martinières de Lucknow puis ayant, avec les autres lycées lyonnai,s reçu les deux chefs d’établissement à l’automne, j’ai beaucoup apprécié Madame Abraham ;

D’abord sa courtoisie puis sa culture et son ouverture d’esprit. Mais le souvenir le plus fort que je garde est son combat pour l’éducation et la promotion des jeunes filles indiennes : déjà à cette époque l’Inde connaissait les infanticides envers le sexe féminin et le retard dans la formation des jeunes filles ; or à la tête de son lycée Madame Abraham veillait à la qualité des études pour elles, appuyée par ses collègues et recevait des élèves de milieux pauvres pour les arracher à leur destin. De fortes affiches mettaient en garde contre les avortements  sélectifs et donnaient aux jeunes filles la fierté de leur sexe.

J.L. Coppéré (mars 2016)


Photo officielle franco-indienne – Hôtel de Ville de Lyon – septembre 2000





Currently unrated

Commentaires

There are currently no comments

Laisser un commentaire

required
required (not published)
optional