Mon stage dans une agence de design graphique allemande
Dans le cadre de mon Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués (DSAA) j’ai réalisé un stage de 12 semaines à Stuttgart, en Allemagne, au sein du bureau de design graphique Visiotypen, sur la période du 13 juin au 02 septembre 2011.
Depuis l’année dernière je suhaitais effectuer ce stage en Allemagne, car j’ai étudié l’allemand pendant sept ans au collège et au lycée, mais n’ai pas eu l’occasion de la pratiquer pendant mes quatre dernières années d’études. Je me suis donc mise assez tôt à chercher un stage, afin de trouver le temps de tout préparer avant mon départ. J’ai eu la chance d’obtenir assez rapidement une réponse positive à mes demandes de stage, ce qui n’a pas été le cas de tous mes camarades… J’ai donc exclusivement cherché en Allemagne, dès novembre 2010. J’ai effectué mes recherches sur une liste de designers graphiques que met en ligne un de mes anciens professeurs. Je n’attendais pas particulièrement de rémunération, ne sachant pas ce qui se pratique à l’étranger, mais j’ai eu cette bonne surprise.
Visiotypen est une entreprise assez jeune et j’étais seulement la troisième stagiaire et la première stagiaire étrangère. Je ne connaissais personne ayant déjà effectué de stage dans cette
entreprise, mais je n’ai jamais eu le sentiment de partir dans le flou car j’ai eu un contact régulier avec mon maître de stage avant mon départ et je suis allée le rencontrer en février 2011, afin prendre un premier contact « physique ».
Les relations de travail étaient très amicales, l’ambiance totalement détendue, sûrement due au fait que nous n’étions que trois et tous assez jeunes et passionnés par notre profession. À midi nous mangions toujours ensemble, mon maître de stage, l’employée et moi, soit au bureau, soit dans un petit restaurant assez proche. Le bureau se situe en fait dans l’appartement de mon maître de stage, dans une pièce séparée. Cela contribue certainement à créer une ambiance de travail plus amicale, ponctuée parfois de visites, de clients comme d’amis.
J’ai réalisé pendant deux mois un gros travail de création typographique, avec les conseils très précieux de mon maître de stage. Je suis assez fière de ce travail que j’ai mené à terme seule. Il s’agit d’une police de caractères, que je pourrais maintenant utiliser pour d’autres projets dans la suite de mes études ou dans ma vie professionnelle. Le reste du temps, j’ai participé aux projets en cours, plutôt en exécution qu’en création, mais mon avis était toujours écouté et discuté. Il est arrivé certains jours que je ne trouve pas trop ma place, s’ils n’avaient pas besoin de mon aide ou s’ils étaient trop occupés pour me consacrer un peu de temps. Mais globalement, tout le monde prenait le temps de m’expliquer les choses, de les
répéter si je ne les comprenais pas (nous avons exclusivement parlé allemand entre nous durant le stage).
La recherche de logement sur place a été pour moi assez laborieuse. J’ai d’abord recherché une colocation, ce qui m’aurait permis de vivre complètement avec des allemands et de faire plus facilement des rencontres. Cependant, ne pouvant pas me déplacer pour rencontrer les colocataires avant mon départ, j’ai reçu beaucoup de réponses négatives à mes emails. J’ai finalement contacté l’organisme de logements étudiants à Stuttgart (SWS), dont une des résidences se trouvait assez proche de mon stage et dont quelques chambres étaient libres pour l’été. Ma chambre était individuelle et assez confortable et je devais partager cuisine et salle de bains avec cinq autres étudiants (qui se sont avérés être le plus souvent seulement 2 car les autres sont partis en vacances).
Au quotidien, l’Allemagne n’est pas un pays très différent de la France. La zone euro et l’Union Européenne simplifient beaucoup les choses. Les différences sont légères : la pause de
midi se fait plutôt aux alentours de 14h, les allemands boivent exclusivement de l’eau pétillante en journée, on trouve un peu partout des distributeurs de cigarettes et de timbres, la publicité pour l’alcool et le tabac est autorisée sur tous les médias, les supérettes sont plus rarement ouvertes le samedi qu’en France et les boulangeries ouvertes le dimanches sont également assez rares. Les transports en communs coûtent relativement chers par rapport aux tarifs de Lyon. C’est pourquoi je suis heureuse d’avoir trouvé un logement proche de mon
lieu de stage, ce qui m’a permis de n’utiliser les transports en commun qu’occasionnellement. La nourriture est globalement la même qu’en France, si ce n’est quelques produits typiques. J’ai trouvé la vie globalement plutôt moins chère à Stuttgart qu’à Lyon, pour les produits de consommation courante. Il est très facile en Allemagne de manger italien, chinois, japonais, grec…, mais les petits restaurants simples où manger allemand sont beaucoup plus rares et difficiles à trouver qu’en France. La vie culturelle est assez riche à Stuttgart, avec deux très beaux musées d’art moderne et d’art contemporain. La ville est bordée de collines et de forêts. J’ai pu profiter de mes week-ends pour bien visiter la ville, mais également Munich et Berlin (mon maître de stage m’a accordé un week-end de quatre jours), grâce à un pass interrail qui me permettait de voyager trois jours au choix dans un mois en Allemagne. Le temps n’a pas toujours été très agréable, mais j’ai tout de même réussi à profiter de mon séjour en essayant de voir un maximum de choses, beaucoup de
musées et de promenades en ville. L’architecture allemande est souvent plus austère en Allemagne qu’en France, excepté à Munich où les vieux bâtiments sont surchargés de décorations. Cette ville a probablement été plus épargnée que les autres durant les deux Guerres mondiales. Les allemands n’hésitent pas à juxtaposer bâtiments historiques et constructions très contemporaines, à mêler les couleurs dans les rues, ce qui crée dans les villes une ambiance assez vivante qui m’a beaucoup plu.
Si j’essaie de faire un bilan de cette expérience, je dirais qu’au niveau linguistique, nous avons toujours parlé en allemand durant ce stage, ce qui m’a permis de faire remonter à la
surface les connaissances que j’avais en sortant du bac et de beaucoup progresser, surtout en prononciation et en compréhension, car il est toujours un peu plus difficile de mémoriser et de réutiliser le vocabulaire que de le comprendre dans son contexte. Au niveau professionnel, cette entreprise correspondait exactement à mes attentes. J’ai pu mener un projet complet de typographie durant mon stage et j’ai même continué d’y travailler un peu depuis mon retour. Je suis donc toujours en très bons contacts avec mon maître de stage, qui semble satisfait de mon travail. Cette expérience professionnelle m’a été très bénéfique. J’ai beaucoup appris en terme de rigueur pour la construction d’une lettre dans une police de caractère complète. Cette rigueur s’applique également à la construction de pictogrammes et à de nombreuses autres occasions. On peut dire que j’ai appris durant ce stage à faire du graphisme «propre». Ce qui permet, par une multitude de petits détails, de faire la différence et de proposer d’avantage de qualité. Mon maître de stage m’a consacré du temps pour m’apprendre tout cela, éduquer mon œil et je lui en suis très reconnaissante car malheureusement les projets s’enchaînant très vite durant nos études nous n’avons pas vraiment le temps d’être si rigoureux. Les premières difficultés que j’ai eues concernent la recherche de logement avant de partir, puis durant les premiers jours l’adaptation à un nouveau rythme et une autre langue. Au cours de mon stage, il est arrivé que l’équipe soit débordée par des travaux urgents sans que je puisse vraiment apporter ma contribution, j’ai eu parfois un peu de mal à trouver ma place. Mais avec le recul, ces moments me paraissent minuscules par rapport à tout ce que j’ai appris. Mes projets professionnels n’ont pas particulièrement évolué dans la mesure où ce stage y correspondait tout à fait en matière d’édition et de typographie notamment. Étant spécialisée de par ma formation en graphisme sur support imprimé, j’avais jusqu’alors assez peu travaillé pour du web. Mon entreprise n’est pas non plus spécialisée en web, mais réalise pour des clients de la direction artistique de sites internet et en laisse l’exécution a des programmeurs qui connaissent les langages web. Cela m’a permis de voir que mes connaissances en « print » peuvent être valables pour le web et j’ai eu du
plaisir à découvrir ces projets. J’ai pu voir qu’il est possible de proposer un design graphique de qualité à n’importe quel niveau et d’en vivre, alors que dans mes précédents stages j’avais le sentiment que les contraintes des clients ou autres partenaires étant si fortes, les graphistes se sentent souvent limités dans leur création et n’ont pas, ou ne prennent pas le temps de valoriser vraiment leur travail.
Si ce n’est un léger suivi pour l’obtention des aides au stage à l’étranger, je n’ai pas été particulièrement aidée par mon établissement, ayant trouvé mon stage et mon logement par mes
propres moyens.
Et maintenant, si je devais repartir à l’étranger, j’essaierai tout d’abord de trouver un logement qui me permette d’avantage d’échange avec des jeunes sur place, parce qu’il est toujours
difficile quand on arrive dans un lieu inconnu, de faire des connaissances en dehors de son lieu de travail. J’essaierai donc à nouveau de trouver une colocation afin de partager d’avantage que dans une résidence étudiante.
Je suis donc très heureuse d’avoir pu profiter de ce stage pour en faire une expérience riche et personnelle, qui m’a beaucoup apporté également au niveau professionnel. Grâce aux aides financières que j’ai perçues, j’ai pu profiter vraiment de mon séjour sans me ruiner et j’ai pu aborder la rentrée de manière sereine.
Charlotte Delaître – Lycée La Martinière-Diderot – DSAA - créateur-concepteur option design graphique

